Sur la pauvreté aux Etats-Unis

On vient d’évoquer en cours la pauvreté aux Etats-Unis comme une limite du système américain… et avant tout comme une conséquence d’un système qui privilégie l’initiative privée (y compris dans la protection individuelle : santé, retraite, formation) au détriment de l’action publique. De façon symptomatique les aides publiques qui viennent d’être accordées par le gouvernement américain pour contrer l’impact social de la crise économique sont très limitées (1% du PIB) ; les statistiques pourraient être multipliées à cet égard, plusieurs articles récents (bilan de l’année oblige) se faisant l’écho des difficultés sociales de la 1ère puissance mondiale. On relèvera que 59 millions d’Américains (sur 310, cad près de 20%) restent ainsi sans couverture maladie ; la pauvreté touche officiellement 44 millions d’Américains (4 millions de plus en 2009 par rapport à 2008, crise oblige, mais la tendance était de toute façon à la hausse depuis 2001) cad 14% de la population… le % monte à 25% pour les populations noires et hispaniques (données fournie par le Census, équivalent US de notre INSEE, en septembre dernier; voyez aussi, ici, ce cours article, de 2009, tiré de Courrier International). En 2008 pour la première fois, l’espérance de vie américaine a connu une légère baisse après une trentaine d’années de progression continue !

Dans ces conditions, la réforme du système de santé américain réalisée par B. Obama, nous apparaît urgente (vue d’Europe où l’Etat-Providence est nettement plus avancé) ; elle a constitué une réelle victoire pour le camp démocrate, comme l’explique la vidéo suivante, mais il n’est pas sûr qu’elle puisse s’appliquer correctement, tant les réticences idéologiques à ce programme restent fortes dans le pays de la responsabilité individuelle !

Une dernière remarque sur notre Vieux Continent. Certes, comme je l’écrivais plus haut, l’Etat-Providence y est plus avancé qu’aux Etats-Unis, mais les disparités sont importantes d’un pays à l’autre dans l’UE à 27… et les moyennes sont peu réjouissantes : l’office européen des statistiques (Eurostat) vient de publier, cette semaine, une étude qui montre que 81 millions d’européens (soit 16,5 % de la population de l’UE) disposaient d’un revenu au-dessous du seuil national de pauvreté en 2008 (donc au moment où la crise à commencé à sévir… on attend les chiffres pour 2009 et 2010 !).

Sébastien Legros

Sur l’agriculture américaine : Monsanto, la recherche agronomique et la puissance d’une des principales FTN américaines

Pour rebondir sur les cours du moment sur la puissance américaine, en particulier dans le secteur agricole, voici un petit dossier sur la firme Monsanto, évoquée au sujet du cluster Cargill-Monsanto, qui pèse à lui seul, je le rappelle, près de 15% du PIB américain ! Monsanto est célèbre chez nous, dans le grand public, pour son désherbant (annoncé comme « biodégradable« ) Roundup. Voici la vidéo de la publicité évoquée en cours, avec Rex le chien, son os et son roundup…

Pour contextualiser cette pub, je vous renvoie au site de Monsanto, qui montre bien le double positionnement de la firme dans l’agriculture « durable » (tout ce vert sur la page d’accueil !) et surtout dans « l’innovation » et la « technologie » agronomique : voyez cet article de Libération, qui souligne la bonne santé du groupe et l’ampleur de ses investissements dans le R/D, à hauteur de 10% du chiffre d’affaires total du groupe (ce qui n’est pas fondamentalement original comte-tenu de l’ampleur des investissements américains dans la recherche : grosso modo les EU réalisent le tiers des dépenses mondiales en R/D)

Monsanto est, historiquement, une firme spécialisée dans la chimie, réorientée dans les biotechnologies et la génétique. Comme évoqué en cours, la stratégie du groupe est monopolistique : un article de la revue Courrier International montre ainsi comment Monsanto s’impose lentement comme un fournisseur exclusif en semences (génétiquement modifiées), aux dépens des semenciers indépendants (qui disparaissent progressivement). La stratégie est aussi clairement mondialisée : Monsanto est une FTN présente dans 82 pays.

Cette firme a sa part d’ombre : une enquête (controversée) de la journaliste Marie-Monique Robin, en 2008, a fait scandale, pointant du doigt à la fois l’influence de Monsanto sur les décisions publiques américaines et surtout l’impact sanitaire déplorable de ses activités, tant sur les populations qui vivent près de ses entreprises (et des rejets chimiques qu’elles induisent) que sur l’environnement. Je vous renvoie au site d’Arte, qui a diffusé le film tiré de cette enquête : Le monde selon Monsanto. Vous pouvez en visionner la bande annonce ci-dessous :

Sébastien Legros

Sur le soft power américain

La notion de soft power, évoquée récemment en cours, a été récemment étudiée par un sociologue français, Frédéric Martel, dans son dernier ouvrage Mainstream, une enquête sur la culture qui plait à tout le monde. Le titre, Mainstream, « courant dominant » en français, fait référence à un concept anglo-saxon (on trouve une page sur le sujet dans le wikipedia anglais, ici, mais pas dans le français) qui signifie en quelque sorte le courant de pensée dominant. L’auteur explique dans son étude en quoi la culture constitue un élément décisif de l’influence douce des Américains. Il l’explique très bien dans la vidéo ci-dessous (son interview récente sur France Inter), que vous pouvez compléter par un article rapide et efficace dans Le Figaro.

Sébastien Legros

Liu Xiaobo prix Nobel de la paix 2010

Liu Xiaobo aurait dû recevoir son prix Nobel de la paix aujourd’hui ; la République Populaire de Chine le retenant en prison (et sa femme en résidence surveillée), il ne pourra pas récupérer son prix. Le motif de son incarcération réside dans un texte que Liu Xiaobo a écrit il y a 2 ans, en décembre 2008 : la charte 08. Ce texte, que vous pouvez parcourir ici, fait référence, dans son titre, à la charte 77 évoquée en cours : comme jadis le texte tchécoslovaque, écrit dans la foulée des accords d’Helsinki (1975),  la charte 08 réclame le respect des droits fondamentaux dans un pays qui ne les respecte pas

Sébastien Legros

IDH 2010

Une excellente page concernant l’IDH est à voir sur le site de l’ONU : vous y trouverez le rapport 2010 sur l’IDH dans le monde (ici) et surtout des outils extrêmement bien conçus pour comparer les pays (ici) ou comprendre comment se construit un indicateur de développement (). J’ajoute une carte construite à partir des données actualisées par l’ONU en 2010, disponibles dans le rapport évoqué ci-dessus :

On voit que la limite conventionnelle Nord-Sud parvient difficilement à rendre compte de l’évolution divergente des pays du Sud : certains rejoignent à grande vitesse le peloton de tête des pays très développés, et d’autres, malheureusement, peinent à sortir du faible développement. De fait, la pertinence de cette limite agite les débats des géographes (voir une contribution rapide ici, qui évoque les origines de cette distinction « Nord-Sud » ; les géographes s’interrogent en particulier sur la pertinence à parler du ou des « suds », tant les pays qui composent cette catégorie sont divers) ; on pourrait proposer une alternative à travers la carte ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sébastien Legros

Mondialisation et piraterie

En complément du cours sur la mondialisation, qui a souligné combien le développement des flux maritimes a conduit à une recrudescence des activités de piraterie dans diverses parties sur monde (voir la carte ci-dessous), vous pouvez visionner la vidéo suivante, publiée aujourd’hui par le site de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) :

Et voici une carte déjà publiée sur ce blog, qui localise les zones de pirateries le long des grandes voies maritimes de la mondialisation :

 

 

 

 

 

 

 

Sébastien Legros

Puissance militaire US et prolifération nucléaire

Quelques éléments en complément des derniers cours :

D’abord la photo du jour : l’actualité fait le larron puisque le Monde fait un article aujourd’hui sur « de nouvelles manœuvres militaires conjointes des EU et de la Corée du Sud« , en proposant la photo (ci-dessous) du groupe aéronaval US impliqué dans ces manœuvres. Le porte-avion est l’USS George Washington et vous voyez bien sur la photo, qu’un porte-avion n’est pas un outil qui manœuvre en solo ; cet article de wikipedia qui lui est consacré le détaille bien (lire le point n°3)

Sur le nucléaire : l’Inde, le Pakistan et Israël ont bien refusé de signer le TNP de 1968 ; la Corée du Nord, qui l’avait signé, est revenue sur la signature en 2003. Voilà un petit graphique présentant l’évolution du nombre d’armes nucléaires des puissances signataires du TNP entre 1945 et 1968 (nombre de têtes : un missile peut contenir plusieurs têtes ; Israël disposerait actuellement de 80 têtes nucléaires ; l’Inde de 60 à 70 et le Pakistan de 60) :

velles manœuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud